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Depuis Besançon, Alcis pousse ses valves et cathéters à l’international
Dans un environnement concurrentiel mondialisé, et très réglementé, Alcis joue elle aussi le jeu de l’international. Notamment grâce à sa filiale, Alseal, dont l’innovation endovasculaire vient d’être homologuée aux Etats-Unis et en Chine, deux vastes marchés à conquérir. Et demain, peut-être, grâce à ses électrodes de traitement de l’épilepsie du jeune enfant, que la PME de Besançon aimerait pouvoir bientôt développer.
Source : Dispositifs médicaux / Doubs - Publié par Monique Clémens, le 15 décembre 2016

Une nouvelle crise horlogère plomberait toute la Vallée

L’inquiétude monte face au ralentissement de ce secteur plus vital que jamais pour les Combiers.
Les exportations de montres suisses sont en baisse depuis quinze mois consécutifs. L’inquiétude s’installe à la vallée de Joux, où on parle de plus en plus de crise. De ralentissement. De remise en question. Le mois dernier, Vacheron Constantin a été le premier horloger à annoncer publiquement des licenciements: quarante postes sont concernés. Ils viennent s’ajouter à une première vague plus discrète en début d’année. Depuis, silence radio. Alors, face à ce milieu traditionnellement discret, les Combiers en sont réduits à scruter les manufactures: «Les parkings sont vides», «Ils veulent leur supprimer les tickets restaurant», «Il y a peu de lumière le soir» ou «Il paraît que là-dedans ils s’occupent à refaire les inventaires», glissent les habitants. «Pour le moment ça va, résume une boulangère. Mais est-ce qu’ils vont réengager les intérimaires en janvier?» Bref. La preuve que quand l’horlogerie tousse, la vallée de Joux retient son souffle. Ce d’autant plus que le rôle moteur du secteur des tocantes, historiquement vital pour la Vallée, s’y est considérablement accru depuis la dernière crise, celle de 2008-2010. «Toute la région s’est repositionnée dans la haute horlogerie, la vallée de Joux a presque pris une valeur de label», résume Vincent Jaton, directeur de l’Espace horloger. Il a raison. En dix ans, le nombre d’emplois liés à l’horlogerie a doublé. On en compte aujour­d’hui environ 8000, pour à peine 7000 habitants. Les grands groupes, Swatch et Richemont en tête, y ont renforcé leurs positions pendant que le secteur connaissait une croissance à deux chiffres.
- Monoculture mastodonte
Cette monoculture horlogère est devenue un mastodonte. Le nombre de travail­leurs d’outre-Jura a franchi la barre des 4000 en 2013. Ils représentent à ce jour 14% des frontaliers du canton. A l’échelle vaudoise, la Vallée abrite désormais 90% de l’industrie du temps. Le secteur secondaire produit 75% de la valeur brute de la région, ce qui en fait une exception cantonale. Les Combiers en sont fiers et répètent volontiers que la Vallée contribue de 10 à 15% au PIB vaudois. Vitrine touristique, l’horlogerie fournit aussi nuitées et couverts aux établissements combiers. Mais là aussi, la tendance est morose. Entre les Chinois, les Américains et les Saoudiens, le total des nuitées est pour l’instant en baisse de 8,1%. «Par contre, notre clientèle suisse, qui constitue notre base, progresse», souligne Cédric Paillard, directeur de Vallée de Joux Tourisme. Et ce malgré la perte du fleuron hôtelier de la Vallée, l’Hôtel des Horlogers, qui doit être remplacé par un complexe de haut standing par son propriétaire, une manufacture du Brassus. Ce qui inquiète la Vallée? Une possible réaction en chaîne. «Ici, tout forme un ensemble cohérent, tout s’est imbriqué autour de la montre mécanique qui s’est redéveloppée chez nous», poursuit Vincent Jaton. Démonstration: ces géants du luxe font vivre directement leurs sous-traitants. Ce sont les fabricants de mouvements, de boîtiers ou d’aiguilles. Et même si les groupes ont tendance à absorber ceux qui les entourent, il reste beaucoup d’ateliers indépendants, fournisseurs de compétences ou de commandes ponctuelles, comme l’anglage des pièces. «Ensuite il y a les maîtres d’œuvre et les entreprises qui travaillent au mandat», poursuit l’expert. Il pense au bâtiment, aux services, à la sécurité. Puis il y a les restaurateurs, les petits commerçants, et, en bout de course, les finances publiques. Le budget de la Commune du Chenit tablait en 2016 sur 24 millions de francs de rentrées fiscales. La quasi-totalité repose sur l’horlogerie, via la rétrocession de l’impôt sur les frontaliers, la taxation des personnes morales et des personnes physiques. «Sans ça, on n’aurait pas pu se payer le Centre sportif», souffle un spécialiste du milieu.
- L’impossible diversification
«L’horlogerie attire l’horlogerie, on n’y peut rien. Il y a comme un magnétisme», soupire l’ancienne syndique du Chenit, Jeannine Rainaud-Meylan. Le paysage combier y est pour beaucoup, lui qui fait office d’écrin marketing de premier ordre. La tradition aussi. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé de diversifier le tissu économique combier. «Après la crise du quartz, on n’a jamais retrouvé nos 8000 habitants, poursuit l’ancienne élue. Alors quand je suis arrivée, on a tout fait pour changer la donne. On a fait des études, on a milité pour de meilleurs transports… On a aussi lancé le Village industriel.» Situés au cœur du Sentier, ces locaux modulables, tout de bois et de confort, devaient attirer des start-up. Raté. Ils abritent aujourd’hui des fabricants de composantes horlogères. Seules exceptions: les ateliers de Polyval, ainsi que le siège de l’ADAEV. L’Association pour le développement des activités économiques de la Vallée, dont le «D» signifiait autrefois «Diversification». Son directeur reste toutefois optimiste. Pour lui, la Vallée est moins exposée. «On commence à avoir des habitants qui vont travailler à l’extérieur. On a créé plus de valeur qu’avant et on souffre moins que d’autres régions horlogères grâce à la force des groupes», estime Eric Duruz. Pour preuve: le chômage de la Vallée est depuis 2006 inférieur d’un point à la moyenne vaudoise. Même au plus fort de la crise de 2010, l’écart n’a fait que se raccourcir. «Tout le monde n’est pas dans le même lot. Certains disent se porter très bien. C’est le moment de faire une réflexion de fond». Pas d’inquiétude alors? «Oui c’est difficile et le climat est morose, tranche Carole Dubois, municipale du Chenit et horlogère. Mais tout le monde n’est pas dans le même lot. Certains disent se porter bien. En fait, le marché a fait des taux à deux chiffres depuis dix ans. Peut-être qu’on va simplement retrouver les niveaux d’avant. On s’est reposés sur nos lauriers. Maintenant, il va falloir tout mettre sur la table et mener une réflexion de fond.» D’autres voix en appellent à de nouveaux essais pour faire s’installer des start-up – peut-être dans le domaine du renouvelable – à la Vallée. A l’instar de Georges-Henri Meylan, président de l’influente Fondation Paul-Edouard Piguet. Il est horloger.
Source : 24heures.ch - Erwan Le Bec

 

 

 

 

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